Code couleur

Dans le monde de la chimie des pigments, le code couleur est une manière communément acceptée de désigner les couleurs et les teintures colorantes. On ne pouvait laisser en liberté des chimistes sans qu'ils n'arrivent à tout réduire à des classifications et des nomenclatures…. “Allo Humain M19460823, je me présente PB2103. Bonjour PB2103, ici Humain M19460823, que puis-je faire avec vous?"
Les groupements chromatiques du Colour Index sont les suivants :

PW = Pigment blanc

PO = Pigment orange

PB = Pigment bleu

PBr = Pigment brun

PV = Pigment violet

PY = Pigment jaune

PR = Pigment rouge

PG = Pigment vert

PBk = Pigment noir

Une partie de la confusion au sujet des noms des couleurs est parfaitement compréhensible. Par exemple, on rencontre nom "générique" de couleur Bleu Phthalocyanine ou Vert Phtalocyanine. Si tous les manufacturiers de peintures s'en tenaient aux noms génériques, il serait probablement plus facile de s'y retrouver. Mais le marketing étant l'art de renommer les même choses pour créer des différenciations, ce n'est pas le cas. Allez au magasin de peinture domestique, vous y trouverez encore plus de créativité: "Brise du désert", "Mer tropicale" "Nuage nocturne"… Il est probable que c'est plus facile à vendre que la recette de code couleurs que chacune représente.

Au cours des ans, les noms de couleurs sont apparus comme étant des marques de commerce de chaque manufacturier. L'idée était bonne du point de vue de la mise en marché, mais on s'est vite retrouvé avec des couleurs identiques portant des dénominations différentes. Aisni, Winsor & Newton’s a affublé le Bleu Phthalocyanine de l'étiquette "Windsor Blue" et le Vert Phthalocyanine Green de "Winsor Green". De cette manière, W&N crée une différence entre son produit et ceux des autres. Comme les artistes et les démonstrateurs utiliseront le nom commercial, les acheteurs auront l'impression qu'il existe un pigment différent, spécifique à Windsor et Newton. En bout de ligne on augmente le volume de ventes avec des "produits vedettes".

La plupart des manufacturiers comme DaVinci, Daler-Rowney ou Thalens/VanGogh vont utiliser la désignation "générique abrégée" comme Bleu Phtalo ou Vert Phtalo, ce qui est plus précis alors que d'autres comme W&N et Daniel Smith préféreront une désignation "propriétaire". Enfin un petit nombre comme Grumbacher et Prismacolor, s'en tiennent à la désignation "générique intégrale".

Mais la source de confusion ne s'arrête pas là. Les noms peuvent devenir des exercises complexes de marketing. Ainsi W&N met en marché un "Windsor Blue Red Shade" (Bleu-teinte rouge) et un "Windsor Blue Green Shade" (Bleu teinté vert) ainsi qu'un "Windsor Green Red Shade" et un autre "Windsor Green Blue Shade". Pourquoi ne pas vendre quatre tubes plutot que deux? W&N demeure pour l'instant un des manufacturiers de peinture avec une des meilleurs réputation pour la qualité de ses produits, mais ce n'est peut-être pas le cas pour son éthique commerciale.

Il n'est pas le seul, le manufacturier français Sennelier a décidé d'imiter le geste en lançant son "Green Phtalo Deep" et son "Phtalo Green Light", marketing françai exige que le om des produits soit en anglais. La terminologie ets peut-être moins confuse que "Red Shade", mais l'idée qui se cache derrière demeure la même.

On a affaire, dans ce domaine comme dans tous les autres au travail des spécialistes de la mise en marché. L'idée est de fidéliser les acheteurs à une marque en particulier, tout en laissant croire à des différences qu n'existent pas, du moins pas dans le pigment. La mise en marché est devenue une affaire de "compteux de binnes" et d'indicateurs de performances des ventes. Si on veut, en tant que consommateurs tirer le meilleur parti de nos achats, il faudra être plus informés et surtout être plus vigilants.

Vous pouvez continuer à acheter la marque Windsor et Newton, mais sachez que la même teinte, avec la même qualité est aussi disponible dans un autre étalage. Plusieurs des entreprises qui se lancent sur le marché vont tenter de pousser à l'absurde ce genre de confusion avec des "Joe's Green" et des "Skip's Green". C'est le cas des chaînes et des entreprises de vente par catalogue comme "Cheap Joe's" aux USA avec le "Halloween Orange", le "Sour Lemon", le "Red Hot Mamma" ou le "Lucky Penny"…. et les centaines d'autres couleurs au noms farfelus. Ils ne sont pas les seuls.

L'alternative est de travailler avec des produits de manufacturiers qui ont un peu plus de respect pour l'intelligence de leurs consommateurs. Vous avez deux options, apprenez la nomenclature des index des couleurs de votre palette ou encore, choisissez des produits dont vous reconnaissez la couleur du pigment en lisant l'étiquette. Votre boite de tubes de couleur sera plus réduite et vous aurez moins de tubes entamés qui ne "vont pas tout à fait de la bonne teinte".

En bout de piste, on peut composer une gamme très étendue de couleurs et une multitude de teintes avec six à dix tubes de peinture de bonne qualité. Reproduire la couleur des autres est en général très dispendieux. Il faut acheter leurs teintes en utilisant leurs marques de peinture. Avec le temps, on apprend à faire ses couleurs avec un nombre très limité de couleurs de base. Il y a plusieurs facteurs, le design, la forme, les tons, le coup de pinceau. Au fonds la couleur est peut-être l'élément le plus flexible de tous les intrants dans une aquarelle.

On peut consulter la liste des pigments. les plus utilisés

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