Les Plans

Un tableau est composé de plans. Le plus souvent un plan principal qui contient les objets d’intérêt (arbres, édifice ou objet). A l’avant de ces objets se trouve l’avant plan et derrière l’arrière plan. L’avant plan présente le principal défi de composition. Il est composé d’une foule de détails qui, si ils étaient reproduits, détourneraient complètement l’attention du plan principal. Une aquarelle « sur-travaillée » est souvent une aquarelle où l’avant-plan contient trop de détails par rapport à la scène dans son ensemble. En contre partie, ignorer l’avant plan donne une impression de travail incomplet ou de paysage sans caractère.

Le jeu des plans est essentiel pour donner une impression de profondeur à la scène. Si l’observateur ne peut distinguer entre les trois plans, il a l’impression que la scène est un collage d’objets et son cerveau ne luis transmet pas les sensations de perspective ou de profondeur.

La perspective aérienne

La technique de peinture utilisée pour créer cette impression de profondeur s’appelle la perspective. La disposition des objets dans un certain ordre et leur degré de précision transmet cette sensation de distance entre l’observateur et la scène.

L’atmosphère est composé d’air et de particules en suspension : poussière, vapeur, fumée…. Ces particules imperceptibles jouent un rôle important dans notre perception visuelle parce que leur accumulation réduit notre acuité visuelle. La quantité de vapeur d’eau en particulier joue en rôle crucial. Plus il y a d’eau dans l’atmosphère plus la scène est enveloppée d’une brume qui réduit la précision des contours. Dans un paysage, la distance entre l’observateur et l’objet se traduit par une quantité grandissante de vapeurs et de particules. Les objets distants sont donc enveloppés d’une brume alors que les objets rapprochés on un contour plus précis. En reproduisant cet effet, le peintre peut donner une impression de distance. Ceci implique que :

  • La tonalité des objets tend à diminuer a mesure que les objets s’éloignent de l’observateur. L’avant plan aura un ton de sol plus prononcé que le sol situé à l’arrière plan apparaîtra plus pâle.
  • Les contrastes deviennent moins prononcés à mesure que l’on s’éloigne du pointy d’observation. La différence entre les foncés et les pales situés en avant plan sera plus prononcée que ceux du plan principal qui eux seront plus prononcés que les objets d’arrière plan.
  • Les objets d’avant plan seront d’une couleur plus chaude que les objets d’arrière plan.

Simplifier l’avant-plan

Le défi de l’avant plan est de réaliser une surface où les détails sont suggérés de manière suffisante sans retenir l’attention de l’observateur et permettre à l’œil de circuler dans le tableau vers les points d’intérêt. Cet équilibre demande une certaine maîtrise du design. Un avant-plan qui ne contient pas suffisamment de détails est aussi choquant pour l’œil qu’un avant-plan qui en contient trop. Il faut doc y insérer des éléments de texture ou des objets qui vont supporter le plan principal.

Lier les plans

Certains tableaux donne une impression de brisure entre les trois plans. On a l’impression que le tableau a été réalisé en superposant trois tableaux plats avec des degrés de précision différents. Cette sensation vient du manque de continuité entre les trois plans et donc de l’absence de lien ou de jonctions qui gère la transition entre les trois plans.

Une façon de remédier à ce problème est de s’assurer que la transition d’une même couleur dans les trois plans suit un dégradé progressif et que les éléments de contraste suivent ce même dégradé. Pour être efficace la perspective aérienne doit donne l’impression d’un dégradé continu, particulièrement autour des éléments de perspective de fuite, comme une route ou un ruisseau.

Beaucoup d’aquarellistes vont appliquer un lavis léger le long de la perspective pour unifier les couleurs et renforcer cette impression de continuité.

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